Les 3 et 10 décembre 2025, Claire BAGLIN, autrice du livre En salle était au lycée Balzac avec les élèves de seconde 504 et 505.
Dans En salle (Editions de Minuit, 2022), Claire Baglin raconte alternativement l'enfance et la fin de l'adolescence d'une narratrice essentiellement spectatrice de son existence. Enfant, elle est celle à qui rien n'échappe du noyau familial, où le mutisme de la mère laisse toute la place à la parole d'un père hanté par son travail. Adolescente, elle est l'analyste des gestes mécanisés du fast-food dont elle est l'employée le temps d'une saison, le témoin toujours silencieux d'un rythme qui s'empare des corps et fait taire les sujets.
Pourquoi écrire de façon fragmentaire ? Comment inventer la voix d'une narratrice ? Qu'autorise le genre romanesque ? Qu'interdit l'autobiographie ? Comment mettre en mots le travail manuel ? Comment faire entendre les non-dits ? C'est par ces questions adressées à Claire Baglin, autrice d'En salle,que deux classes de seconde sont entrées dans les arcanes de l'écriture littéraire en cette fin d'année 2025. Après une étude attentive du roman, menée en cours, il s'agissait d'approcher un peu davantage la genèse d'une œuvre et les arcanes du travail littéraire.
La jeune autrice a donc évoqué en deux fois deux heures son processus d'écriture puis les voix qui ont compté dans son parcours de lectrice : Georges Navel, Georges Perec, Roger Linhart, Nelly Kaplan, Alix Cléo Roubaud... Enfin, elle a été l'attentive auditrice d'exposés d'élèves volontaires, parmi les premier.ère.s à se pencher en spécialistes sur ce roman.
Clément, élève de seconde, a publié dans le journal du lycée, la Balza'Gazette, les échanges entre les élèves et l'autrice. En voici un extrait :
Elèves : La passion de l’écriture, est-ce venu du jour au lendemain ?Claire Baglin : Je crois que j’ai toujours un peu écrit, mais mon écriture n’a pas toujours été la même. C’est une chose que l’on peut percevoir lorsque l’on écrit soi-même un peu, l’écriture change. J’ai l’impression que c’est une écriture que j’ai trouvée par les lectures que j’ai faites.
...
Elèves : Vous avez dit qu’En Salle était un roman. Pourtant ça a l’air d’une autobiographie. Pourquoi ?C.B : Pour la simple et bonne raison que ça ne raconte pas ma vie. La narratrice n’est pas moi, ce personnage est éloigné de moi. J’ai ajouté, transformé des scènes… Malgré tout je m’inspire de moi pour ce roman. C’est un peu mêlé.
Elèves : Avez-vous prévu de publier d’autres livres ?C.B : Prévu actuellement non, pour l’instant j’écris. Je ne sais pas encore si ça fera l’objet d’une publication, mais j’ai écrit d’autres textes après En Salle.
Clément